dimanche 17 octobre 2010

Les caves se rebiffent, et bien.



"Parce que pour moi, j'aime autant vous dire que Monsieur Eric, avec ses costards en Ecosse tissés à Roubaix, ses pompes à l'italienne fabriquées à Grenoble, et ses boutons de manchettes en simili, et bien, c'est rien qu'un demi-sel." (Michel Audiard, le Cave se Rebiffe)

Bah oui, on est toujours là, dans la rue, malgré un climat sibérien. On y reste, dans la rue, la poésie y réside. Malgré ce que les jean-foutre peuvent asséner, ce bras de fer nous allons le gagner, et pour la suite, vaudra mieux sortir les gilets pare-balles, ocazou.

Alors, à votre ami Eric: "C'est grands airs, il peut se les cloquer dans le baba"

lundi 11 octobre 2010

L'usure paie




-Alors, c'est bon, petite nature, tu reviens sur la blogosphère?
-Ouais, mon pote. J'ai chié mon mémoire de première année. J'escompte peut-être devenir historien un jour. Ou catcheur professionnel. Embrasser un métier qui demande des nerfs solides, du cran, ce qu'il faut de souplesse et de répondant. Le tout sans se faire trop mal.
-Ah, c'est décidé! Bientôt professeur d'histoire, alors?
-Je n'en sais encore foutre rien. Ce que je sais est que j'éviterai tant que possible de prostituer ma force de travail aux amis de madame Parisot, aux petits maquignons de la CGPME, aux enflures qui tiennent les cordons de la bourse.
-La leçon de cet été, l'as tu retenue au moins? On t'enjoint d'être pragmatique, et tu viens encore faire chier avec tes lubies luddites. Ce n'est pas raisonnable.
-C'est bien malgré moi, que je décide de me détourner du piège à bagnards qu'est le monde du travail. C'est si bon, comme le chantait ce vieux Louis, de ne pas rentrer dans leur jeu truqué. La ruse sera notre meilleure alliée à l'avenir.
-On va pas bien loin, à cogiter de cette façon.
-Certes. Mais aller loin, comme tu dis, dans la société spectaculaire-marchande, ne m'intéresse pas plus que de savoir le nombre de zézettes que Paris Hilton a dû chatouiller dans son encore jeune carrière. J'entends faire de mon mieux pour embrasser la meilleure position possible, qui ne soit pas qu'une posture, et à terme une imposture. En tireur couché, contemplateur avisé, le Vieux Monde va se ramasser quelques petites pichenettes sur le coin de sa sale gueule, je te dis.
-Il te reste du boulot, pour être une épée du dézingage. C'est pas du jour au lendemain qu'on devient une avant-garde à soi tout seul! Puis il y a toujours une sorte de conformisme, de facilité à s'improviser rebelle, mutin de panurge à force. Remember Muray.
-Ouais aujourd'hui Muray est en passe de devenir un phénomène de mode. C'est du dernier chic d'être réac, comme ça l'était de chanter pour les sans-papiers il y a quelques années. Moi, ce sera comme Desproges de toute façon. Mon cadavre sera piégé. Le premier qui le touche, j'y sauterai à la gueule.
-Tenir ce genre de discours, m'étonne que tu sois irrécupérable, qu'on tourne les talons à la vue de ta ganache frisée. 
-Ouais, la jeunesse, les gens comme on dit. Les post-chocs selon la théorie de Leroy. Fourier, Bakhounine, Marx, Debord, leur sont tout à fait étrangers. Ce n'est pas dans les amphithéâtres qu'on va recruter la fine-fleur des sardanaples ivres de vitriol. Les "résignés" pullulent.
-En attendant, fais quoi, tézigue, hein, pour faire valser les affreux? Crois t'y que c'est en tenant un blog, en te saoulant aux vins naturels, aux bières belges, en lisant des romans noirs, que tu vas précipiter le chambard? T'es qu'un étudiant, fils de CSP+, t'as appris à lire dans le Nouvel Obs', me dis-pas qu'il y a du Ravachol en toi, je ne te croirai pas.
-Pas du Ravachol, non. Sûr que comme le camarade Koenigstein, suis étreint d'un desespoir insondable. Ce qui ne doit pas nous conduire à rejoindre la cohorte des "résignés". Mais de la résistance passive à la résistance active, la frontière est mince, crois-moi.
-Demain, tu fous quoi par exemple.
-Suis dans la rue. Et il est question que nous nous y attaradions. Que nous improvisions quelques tonitruantes bacchanales. Et puis j'ai choisi mon camp, vois-tu. Je ne crois plus qu'au foutre, à la liqueur, et à l'insoumission généralisée, là où résident les derniers élans poétiques dans un monde désanchanté.
-Dis-moi, tu serais pas un peu fatiguée, dans tes derniers retranchements, pour nous pondre de telles inepties.
-Pour sûr. Mais l'usure paie, à force.

mardi 4 mai 2010

Oui, nous nous reverrons mes frères...


Aux archives nationales, la classification est parfois douteuse, voire scélérate. On pense trouver le miel pour nos recherches dans un carton réservé de longue date. Et contrairement à ce qui nous semblait indiqué dans le répertoire, on fait chou blanc. Rien sur nos anars d'après la première guerre mondiale, qui forment l'épine dorsale de notre sujet d'étude. Mais à la place de la retranscription par les condés d'une conférence du grand Sébastien Faure, on trouve des exemplaires du Bonnet Rouge. C'est dire si c'est décalé au vu des éléments qui doivent à terme figurer dans notre hypothétique mémoire.
Et à la rubrique littéraire, on sourit jusqu'aux oreilles. Le journal dirigé par Gustave Hervé, au temps où il n'avait pas cédé aux lunes dégueulasses du nationalisme, comportait de bien belles brèves, finement ciselées. Au coin "Bouquins", on voit le sous-titre suivant: "Écrivains, vains écrits."

Avouez que le calembour est délicieux. Aujourd'hui, il ne se trouverait que des vieux messieurs, qui goûtent du regrettable Bouvard depuis plusieurs décennies pour s'en esclaffer.
Et oui, c'est bien vain d'écrire. On ne saurait dire exactement pourquoi. La clé de l'énigme réside ailleurs.
Donc, on réfléchit quelques instants. Et l'on se dit que tout de même, pontifier comme nous le faisons, c'est déraisonnable. Vain, surtout. On a beau feuilleter des pages rudement bien composées, se délecter à la lecture d'ouvrages qui forment une vie et un semblant de conscience, on se dit que ce serait mieux de s'arrêter là. De marquer une pause, pour ainsi dire.

L'usure nous gagne rapidement. Crécher au Zemmouristan, on peut mieux espérer pour une jeunesse. Les délires répétés de gens de tous horizons sur les mahométans... Les jérémiades pas toujours très bien senties de nos camarades de gauche sur la rapacité des établissements financiers. Et si on s'arrêtait de gémir, les copains?

L'usure, mais pas encore le désarroi. L'indigence domine l'essentiel des débats qui nous tracassent. On le sait, puisqu'on est très loin d'en être exempts.
Donc, on va marquer une pause, parce que l'inspiration nous fait défaut, et que de toute façon, elle ne nous a jamais réellement transcendé. On a des projets, des objectifs à accomplir, pour parler comme dans la singulière terminologie du Monde de l'Entreprise, où il est certain, tant par fierté que par conscience frondeuse, nous ne foutrons jamais nos panards déjà usés.

Il y a de quoi se ravir, tout de même. Les pépées, les livres, le cinoche, les liqueurs de tous acabits. L'afro-américanisme musical, le twist zapatiste... La perspective d'être engagés dans la prochaine bataille, qui verra crever ce Vieux Monde qui n'en finit plus d'agoniser.

L'inanité de notre prose reviendra. C'est certain. N'en déplaise au morpion qui étale ses insanités ici. Qui est loin d'entamer notre aisance à somnoler peinard et heureux le soir. Bien loin, même. Il serait temps, mon morbac', que tu nous donnes ton blaze qu'on rigole un coup. Juste pour voir. Suis à peu près certain de te connaître. Même que tu dois avoir d'incroyables réserves de temps en plus de médiocrité pour souiller cet endroit.

Te fatigue plus, va.

mercredi 21 avril 2010

Le môme peinard

Salé, foutre!

Le maboulisme est l'apanage du monde moderne. On le savait déjà, et les foutriquets qui viennent étaler ici leur mistoufle, en bavant avec force trouducuterie sur notre prose chancelante mais magnifique, en cela renforcent nos reflecs. Les amis du muselage, nigedouilles heureux, ne freineront nullement nos envies de débargouliner sur le spectacle non épastrouillant qu'on nous pond chaque jour dans les gazettes. Qu'on se le tienne pour dit! On tartinera encore, toujours, même, tant qu'on aura la santé, et que le chambardement ne sera pas intervenu. Non, mais!

Les chameaucrates ont la dent dure, et postulent à nous sucrer nos retraites. Et nous guenilleux, nous devrions nous accomoder du fait de turbiner plus longtemps, à jouer au déchard jusqu'à notre mise en bière, sans moufter, car il en irait de l'intérêt général.
Et les camaros des syndicats, eux, demeurent silencieux, ou tout comme, vu la faiblesse du débit de leur gueulante. Turbineur morflerait plus longtemps que ce serait dans l'ordre acquis des choses. Les députains, qu'ils fussent de la droite, de la maison socialo, du centre, ou de la Ferté sous Jouarre, s'accordent, à ce que nous bouffions du caillou, le tout, pour la pérennité de notre système par répartition.

Et les niches, foutre! Et cette répartition Capital-Travail, bigrement inégalitaire chaque jour que le Père des Mouches fait, ne saurait constituer un motif pour que nous groumions!

Il est vrai que causer de la chose a de quoi nous filer une migraine drue. Et que je te calcule mes indemnités, et que j'appelle le bon peuple, qui n'en plus de la votaillerie, à se prononcer sur le sujet. On a foutrement plus important à débattre. La tenue des moukères, les footballeurs qui se conduisent en lubriqueurs, les ratichons qui s'en vont tripoter des mioches.

Alors, toi, l'ami patriotocard, qui nous vrillent les tympans, et la vue de toutes sottises de goupilloneur, nous astreignant à ne plus nous démuseler, pour qu'on en vienne à défendre ton Zemmour, tes options sur les mahométhans, ou sur les zigomars qui ne peuvent plus souper de tes chieries spirtituelles....

Viens plus souiller nos flanches! La frocaille, la mitraille, l'opportunard, le marloupier, le capitalos, demeurent à jamais nos ennemis, et nous ne baisserons pas la garde, quitte à finir au quart d'oeil, et à remiser nos envies de lampionner!

Môme, on te le dit! Les émules du Père Pouget sont de retour, décidés à défendre leur dignité, et à inverser l'échelle de l'infamie, afin que le populo prenne sa revanche!

Espérons que tu saches lire! Car foutre, nous sommes prêts à tout, sauf à abdiquer!

samedi 10 avril 2010

Plombé Polonais

Ce soir, je suis un Tupolev, piloté de façon aléatoire, par un aviateur polonais aussi chargé en kérosène que ses réservoirs.
Je mène les fervents bigots au trépas, et prédit un avenir aussi reluisant pour les couples présidentiels assujettis à de bien tristes et piteuses passions.
Ce soir, j'ai retrouvé l'inspiration défaillante, au détour d'une cuite à la Zubrowka.